Suite aux arbitrages budgétaires, réalisés une fois de plus au détriment de l’Éducation nationale, le rectorat annonce une baisse des moyens sans précédent. Aggravant les effets de la baisse démographique (- 208 élèves en Ardèche), les suppressions d’heures vont encore dégrader les conditions de travail et d’enseignement.
Retour sur le CSA-SD qui s’est tenu vendredi 6 février après-midi.
Une perte de moyens sans précédent
Concrètement :
– 105 postes (équivalents temps plein) sont supprimés dans les collèges de l’académie.
– En Ardèche, les 26 collèges publics perdent 310 Heures, dont 280 Heures Postes (HP), soit 15,5 équivalents temps plein.
– 12 collèges perdent une division (parfois même alors que leurs effectifs augmentent) ; 2 collèges en gagnent 3 (1 à Guilherand Granges ; 2 à Jastres, Aubenas), soit un solde de - 9 pour le département.
Le travail de répartition de la DSDEN consiste donc à faire les poches des collèges pour reprendre des heures coûte que coûte. Sur les 12 collèges qui perdent une division, 10 se voient retirer de 30 et 35 H (ex : - 32 ou 33 HP à Vernoux, La Voulte, Roqua). A l’inverse, les 2 qui gagnent des divisions ne reçoivent que 23 ou 24 HP. Pile je gagne, face tu perds !
- Les 9 divisions perdues répondent à une « cible » fixée par le rectorat (avec consigne de ne retirer qu’une division maximum par collège). Il n’y a plus ensuite qu’à faire correspondre les effectifs avec la cible… Et tant pis si le réel ne se plie pas toujours aux prévisions !
- Dans les prévisions d’effectifs de la DSDEN, plusieurs collèges voient ainsi un nombre important d’élèves disparaitre d’un niveau à l’autre, pour justifier la perte (ou la non-ouverture) d’une division.
– Janvier : la DSDEN minore les effectifs prévisionnels des futurs 5e par rapport aux élèves présents en 6e pour justifier une perte de division (le collège passait ainsi de 3 classes de 6e, à 2 classes de 5e à 28). La perte de division entraine une suppressions de poste.
– Fin juin : les effectifs de 5e correspondent bien à la cohorte de 6e et imposent de rouvrir la division supprimée. La DSDEN octroie 10H (8,5 HP), au lieu des 29H nécessaires. Il n’y a plus qu’à supprimer tous les dispositifs (groupes, AP, co-enseignement…) pour récupérer les H manquantes. Et tant pis pour la collègue dont le poste a été supprimé en passant !
Attention, cette année ce sera pire, il n’y aura quasiment rien pour les ajustements de fin juin : la DSDEN ne conserve que 15H en réserve (dont seulement 5 HP), pour l’ensemble du département. C’est maintenant, qu’il faut se battre !
- Il n’y a plus d’heures allouées pour les sections sportives, ni pour les classes bilangues dès la 6e.
- Pansement sur une jambe de bois ? Une centaine d’heures (entre 3H et 8H par collèges bénéficiaire) a été distribuée aux collèges dont les chefs d’établissement ont fait la demande au titre de la difficulté scolaire. Il y a des incohérences, comme à Vernoux qui n’en bénéficie pas, alors que son IPS est parmi les derniers du département (36e/39) .
Passage en force, calendrier intenable.
Le Dasen a demandé aux chef-fes d’établissement de ne pas diffuser de TRMD (tableaux de répartition des moyens) avant la tenue de ce CSA-SD. Toutes les instances de concertation (conseils péda, commissions permanentes, CA) devront se tenir la semaine de la rentrée. Les TRMD doivent remonter au plus tard le vendredi 27/2. Impossible dans ces délais de respecter les procédures habituelles de dialogue avec les équipes. Beaucoup de chef-fes vont chercher à passer en force en refusant les votes des CA, où en les renvoyant en fin d’année.
Que reste-t-il aux CA si leur rôle se limite à écouter les décisions prises par le ou la cheffe d’établissement ? Il faut exiger que les structures et les TRMD dont découlent les éventuelles créations suppressions de postes soit soumis à la délibération des CA, conformément au cadre réglementaire prévu par le code de l’éducation.
Mépriser le dialogue social et le cadre réglementaire, c’est fragiliser la démocratie qui ne devient qu’un mot creux, vidé de sens. A l’heure où l’extrême-droite se rapproche dangereusement du pouvoir, la défense de la démocratie ne doit pas se cantonner à des incantations en cours d’EMC !
Outils pour agir dans son établissement et en Conseil d’administration :
https://www.snes.edu/agissons/outil...
https://grenoble.snes.edu/quels-vot...
AED en danger
Soumis à des CDD d’un an renouvelables au bon vouloir des chef-fes d’établissement, à des salaires bloqués au SMIC quelle que soit leur ancienneté, à un accès au CDI incertain et inégalitaire (au bon vouloir des chef-fes, et dans la limite d’un obscur quota de 50% de CDI max dans une équipe), les AED ont un statut indigne d’un employeur public. Ils et elles sont pourtant indispensables à l’encadrement des élèves et au bon fonctionnement des établissements.
Preuve de leur importance, quand ils et elles se mettent en grève, c’est la panique chez certain-es chef-fes d’établissement qui n’hésitent pas à multiplier les pressions implicites ou explicites (chantage au renouvellement ou au CDI). D’autres (ou les mêmes) n’hésitent pas à pulvériser les fondamentaux du droit de grève, comme à Cruas le 18 décembre, où la cheffe d’établissement n’a pas hésité à faire surveiller les élèves par des parents et par un-e AED de la brigade de remplacement, pour remplacer les AED grévistes ! Il ne faudra pas compter sur le Dasen pour rappeler le respect du droit de grève puisque, interrogé sur le sujet, il dit comprendre la sollicitation de la brigade de remplacement (mais pas celle des parents à laquelle il s’oppose). Cette position est inacceptable et ne peut que contribuer à aviver davantage les tensions avec les équipes de vie scolaire !
Instrumentalisation inacceptable du président du Conseil départemental, M. Amrane
Habitué à utiliser les compétences du Département vis-à-vis des collèges ardéchois à des fins de communication politique personnelle (pochettes des téléphones, caméras de vidéo-surveillance…), M. Amrane vient de franchir toutes les bornes en instrumentalisant un incident survenu aux abords du collège de La Voulte, avec la publication sur son compte Facebook d’une vidéo réalisée devant le collège. (Voir ici)
Au mépris de toute décence, M. Amrane veut surfer sur la vague d’émotion suscitée par l’agression de notre collègue à Sanary s/ mer pour faire le buzz et justifier sa politique sécuritaire. Non seulement, il jette en pâture à la vindicte populaire l’élève impliqué et sa famille, mais il suscite un climat de psychose qui met tous les personnels de la communauté éducative et les familles en difficulté. Ces méthodes sont indignes et inacceptables ! Les élèves et les personnels ne sont pas de jouets au service d’ambitions politiques personnelles.
A noter que le Dasen exprime également son désaccord avec M. Amrane et affirme son soutien aux équipes de La Voulte.
La sécurité des personnels et des élèves ne peut se réduire à des réponses uniquement sécuritaires. Elle exige une politique éducative ambitieuse : plus de moyens, plus de prévention, plus d’accompagnement, plus de temps éducatif, et une reconnaissance réelle du travail de l’ensemble des personnels. Toutes choses auxquelles la préparation de la rentrée 2026 tourne le dos !
